Riche d’histoire, cette Terre m’a vu naître. Appréhender cette mémoire patrimoniale m’a aidé à construire l’avenir.

Respect du vivant. L’agriculture biodynamique attache une grande importance au respect et au renforcement des processus de vie : germination, croissance, maturité. C’est à ce titre que les agriculteurs en biodynamie utilisent chaque année des préparations à base de bouse de vache ou de quartz pour stimuler la vie des sols, la croissance et la santé des plantes. Ainsi, elles poussent en harmonie avec leur propre environnement et leurs fruits en sont d’autant plus savoureux. Plus d’information sur la page dédiée à la biodynamie et à mon apprentissage.

Reprenant en 2010 la propriété familiale, j’entrepris une réflexion rigoureuse sur la biologie de la vigne. Sans cela, il est difficile d’appréhender ses besoins et nos interactions.

Par la suite, j’œuvrai à limiter les interventions durant la période végétative de la vigne. J’interdis la vendange verte et le rognage, surtout avant l’aoûtement. Ces travaux déséquilibrent profondément les flux de sève. Voici en quelque sorte, mon premier stade d’élévation spirituelle. Mon esprit se focalisait sur une taille équilibrée, respectant chaque vigne pour une vigueur homogène.  

Ma deuxième étape spirituelle naît par l’ancrage au sol. L’agriculture moderne lui manque cruellement de respect !

Sortant d’une formation agronomique, je me replongeai dans une réflexion totale sur la fertilité et la vie des sols. Ma vision agraire bascula à cet instant ! La forêt couvrait l’Europe, pas un désert minéral.

L’arbre fend la roche par ses racines puissantes, dépose de la matière végétale pour devenir humus et abrite flore et faune en abondance. Ce processus d’aggradation est à l’origine des sols et fait appel à énormément de diversité. Ce raisonnement m’a porté au point de ne plus vouloir saigner la terre avec la charrue. On doit lui appliquer une peau, abri de milliards de bactéries, insectes, lombrics qui dégradera ces matières et les stockera.

On définit ce mécanisme par un mot, l’aggradation, en opposition à la dégradation que connaissent les sols agricoles (en moyenne 1 mm de sol perdu par année). Notre mépris du sol entraîne si souvent inondation, désertification, mortalité et pollution. Ce retour apparaît long et fastidieux.

J’entrepris en 2014 une profonde remise en question de mon approche, interdisant le travail du sol sur l’interrang puis en 2016, les tâches oratoires sur la totalité des surfaces. Pas moins de trois ans ont été nécessaires pour accroître la vigueur sur 30 % du vignoble. Les terres pauvres en matière organique n’apparaissent pas encore à ce stade. Toutefois, la diversité s’y développe avec un bel équilibre.

Ma prise de conscience débute à cette minute. L’émerveillement à contempler la biodiversité qui s’accroît chaque saison. Insectes, champignons, lombrics, oiseaux, lézards, sangliers accompagnés par les poules. Trouver le temps d’observer est devenu une méditation nécessaire, je laisse mon esprit s’échapper et créer.

Sol à l’automne. Riche de matière organique en pleine activité.

Sans cet amour, je ne ferais pas preuve de la même créativité et n’aurais pas la même interaction avec l’environnement. N’oublions pas que c’est l’homme qui vit en pleine « Nature ».

Appréhender l’ensemble de ce qui nous entoure n’est pas une fin en soi. Nous devons transmettre l’importance et la richesse qu’offre la nature. Proposer d’échanger avec les nouvelles générations paraît la meilleure chance pour notre espèce de se racheter une conscience. Donner des idées et partager notre amour pour le vivant ; plutôt que notre société devenue consumériste.

La frontière qui sépare notre conscient de notre inconscient n’est-elle pas liée au bien-être intérieur ? À mon sens, cela apparaît comme une évidence.

Dynamisation de l’eau pour transmettre les informations à dose homéopathique.

Du moment où j’ai ressenti mon sixième sens, j’ai construit une relation profonde entre mon esprit et ce qui m’entoure. Une souffrance intime m’a permis de concevoir une part des sacrilèges infligée à notre planète (pollution, destruction, catastrophe climatique). Une tristesse qui me conduisit à m’engager pour notre environnement. Puis à témoigner que notre vie dépend de la Terre.

Ce lien fort nous aide à vivre en osmose avec les humains qui souhaitent partager ce respect à la Terre. C’est ainsi que j’ai décidé d’ouvrir ma terre à d’autres.

L’ère de la mécanisation et de l’industrialisation ont eu raison des expériences ancestrales, celles du vivant et de la sagesse paysanne. L’appétence des civilisations contemporaines pour le profit, a détruit tout respect de la vie. La prospérité fut remplacée par la richesse financière à travers l’endettement, au détriment d’une agriculture durable. 

Malheureusement, cette économie a dilapidé les connaissances et l’économie du troc. Les agriculteurs vivaient de productions saines et honoraient leurs terres comme une mère. Comme l’offrande faite d’une vie à moissonner le fruit qui nourrit.

La perte totale de connexion avec la nature nous a menés à la dégrader. Par ricochet, nous tuons notre progéniture de nos pollutions.

Si nous respections le vivant, végétal et animal, peut-être sauverions-nous notre âme ? Les récoltes abonderaient pour alimenter notre famille plutôt que la banque.

J’ai pris la décision en 2018 de partager mes terres et mon esprit avec de bonnes âmes pour produire en pleine conscience. cf. Agroécosystème.

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