À la source de toute vie, il y a l’eau, mais de quelle eau parle-t-on ?

L’eau est l’un des éléments de base de la vie sur terre, auquel nous devons ajouter l’oxygène ainsi que le Carbone.

Dynamisation de l’eau du puit pour l’oxygéné et lui donner de la force.

Si j’ai décidé de reprendre le domaine familial prématurément, sans trop voyager, c’est que j’avais une volonté de créer. Une certaine force intérieure qui m’a poussé à chercher en profondeur des réponses aux problématiques agricoles sur mon secteur. Et ce ne sont pas les réponses agricoles techniques de soumission du vivant qui répondaient à ma réflexion.

Ce qui m’a forgé cette intention, avant tout créer des vins raffinés de haute couture là où les grands vins étaient puissants. Et je ne m’y retrouvais pas !

Une autre sensation que je n’acceptais pas. Devoir mettre un masque à gaz pour entrer dans mes parcelles pour « pulvériser des produits » surs du vivant.

Ainsi, pour récolter des vins purs, complexes et équilibrés, il a fallu se préoccuper de la vigne. Quand j’entends la Vigne, je parle de l’individu porteur de vivant et penser, pas le support de grappe. C’est de là que ma conscience a commencé à naître. J’emploie volontairement « naître », car avant je ne ressentais pas ses émotions qui me guident au quotidien.

Mieux comprendre la vigne a été l’introduction à une chronologie de remises en question permanente.

En premier lieu, par une taille précise limiter les besoins en intervention sur le végétal durant la phase de croissance. Ne pas avoir à rogner ni faire de vendange en vert puisque cela va déséquilibrer les flux de sève de la vigne et par conséquent l’équilibre des raisins. Puisque de là naissent nos vins.

Dès ces premiers millésimes, j’ai gagné en équilibre par un meilleur niveau d’acidité et de maturité dans mes jus.

Rapidement l’appel de la biodynamie m’a incité à pousser plus loin la réflexion sur l’environnement de la plante et de la parcelle. Car il semble logique que pour favoriser le bien-être d’un individu il faille améliorer son environnement proche. C’est à ce moment-là que l’on peut parler de terroir. Car le terroir c’est un sol, un climat et les interactions humaines qui dirigent ces influences sur nos cultures.

Vue d’une parcelle dans son environnement avec des lisières.

Et si l’on souhaite favoriser l’influence de notre terroir, cela passe par une amélioration du microclimat et de la vitalité des sols. Ce qui en complément d’une vigne en meilleure santé favorisera la production de raisin d’une plus grande pureté, quelles que soient les problématiques du millésime.

Le développement de lisière en bordure de parcelle diminuera l’assèchement par les vents et en créant des zones d’ombres qui permettront de préserver l’humidité donc la fraîcheur. Durant les longues périodes sans pluie, il devient essentiel de favoriser et préserver cette eau contenue dans l’air. L’environnement de la vigne sera plus frais et humide et limitera les pertes d’eau par transpiration de la vigne.

Rendu après paillage de la flore endémique. Un tapis superbe qui protège le sol.

Évoquer le terme de terroir sans regarder toutes les problématiques que vivent nos sols, c’est négliger le fondement même du métier d’agriculteurs. Car l’homme a toujours adapté son travail à son environnement. Le sol en est le fondement pour la croissance de toute plante et non pas un simple support.

Toutefois, je ne vais pas rentrer là dans des explications techniques, le plus simple est encore de vous demander de lire la forêt, d’aller observer en pleine conscience. Le sol et le sous-sol sous une canopée sont riches d’une couverture importante de matière organique.

Toute cette matière organique brute (feuilles, bois, animaux, excréments) va être dégradée par les champignons, les insectes, les micro-organismes puis les lombrics pour arriver jusqu’au stade d’humus brut. Et cette vie aura toujours une capacité largement meilleure pour enrichir les sols que toutes les activités humaines réunies. D’où l’importance de préserver cela et travailler à régénérer cette biodiversité. Quelques points qui auront une importance énorme sur la richesse du sol, l’environnement, l’aménagement du territoire et notre autonomie alimentaire permettront de rapidement comprendre et illustrer mes propos.

  • Problème d’un sol en Provence calcaire. Les ions Calcium on tendance à bloquer les échanges minéraux dans les sols, pourquoi ? Ce qui permet de fixer les éléments minéraux nécessaires à l’alimentation des plantes nous avons ce qui s’appelle le Complexe Argilo Humique. Soit Argile et Humus. Pour avoir de l’humus, il faut que la matière organique soit dégradée naturellement ce qui n’est pas le cas malgré le meilleur compost possible. Ainsi on réduit le pouvoir de stockage. De plus en travaillant les sols, on oxyde de la roche donc on rajoute des ions calciques. CQFD me direz-vous. C’est tout de même fondamental et pourtant tout est fait pour être à l’opposé.
  • La température et l’humidité des sols. L’autre point élémentaire que l’on observe en forêt un sol protégé perdra moins d’eau par évaporation. Dans la même logique, sa température restera plus faible en période sèche. On préserve ainsi la vitalité de la biodiversité que compose un sol en le maintenant actif.
  • Drainer l’eau et la stocker. Ce qui semble paradoxal est en réalité parfaitement lié. Les organismes vivants d’un sol vont le drainer avec toutes les galeries que creusent insectes et racines. Ainsi, lors de forte pluviométrie, toute l’eau pénétrera sans ruissellement. En parallèle, la vie c’est l’eau donc c’est une solution de stockage évidente. J’y ajoute l’oxygène qui favorise le développement de la vie. La conséquence environnementale est que l’on a plus d’érosion donc d’inondations et ruissellement. C’est-à-dire aucune perte de terre fertile et une problématique lourde de moins pour la collectivité.
  • La richesse du sol régénérée, cela nous ouvre davantage de possibilités pour produire des denrées alimentaires avec un coût plus faible. Et répondre à une demande locale de l’alimentation de nos populations.

Une fois que l’on a compris ces quelques points, on perçoit beaucoup mieux les enjeux qui nous attendent.

Pour arriver à la création de notre canopée, outre la pousse naturelle, on repique ou plante des fruitiers et chênes.
Une mauve qui pousse sur des sols riches en azote. L’enracinement géocentrique des plantes, puissant, travail en profondeur les sols mieux que n’importe quelle charrue.

C’est suite à ces réflexions qu’est venue la volonté de développer du maraîchage au cœur du vignoble. Pour chercher à favoriser la diversité, tout en bénéficiant des produits alimentaires qui en résultent. On profite de nos connaissances pour favoriser les associations positives et donc produire avec un minimum d’intrants, tel que l’eau. L’eau pourrait devenir une denrée rare qu’il faut protéger en limitant son utilisation, plutôt en évitant de la gaspiller.

Quand la vigne va se marier à l’arbre. Là, un cinsault au port retombant qui va chercher l’arbre comme instinct de survie ?
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L’élevage, en rotation, devient aussi essentiel pour l’amendement des parcelles, mais aussi la capacité de certains animaux (volailles) à réguler les ravageurs. C’est bien évidemment une denrée alimentaire avec les œufs ou la viande. Un autre point technique, la volaille produit une fiente acide qui va équilibrer notre pH du sol, basique.

Dans mon projet agricole, il y a la partie sociale puisque je souhaite prêter mes parcelles en cultures à des maraîchers à la recherche de terre. Ils pourront ainsi développer leur entreprise en bénéficiant de la terre, du matériel et tout le réseau commercial que j’ai. Cela peut représenter jusqu’à 3 maraîchers, 2 éleveurs, 1 apiculteur et à l’avenir 1 arboriculteur. Là où normalement on n’aurait que le vigneron avec les employés.  

Ainsi, la viticulture pourrait devenir productrice de produits primeurs à but local. Et notre volonté est aussi forte de pouvoir faire de la formation voir des modules agricoles et environnementaux avec les écoles.

Je suis aussi fortement engagé dans la protection de l’environnement en ayant un impact positif et fixateur de Carbone. Une solution clair qui permettrait de diminuer la quantité présente dans l’atmosphère.

Après avoir évoqué tous les engagements agricoles, toute la partie transformation est le point final qui permet de mettre en valeur notre production. Pour ma part, je cherche la singularité par des vins raffinés et complexes. Mais il a fallu se couper de certaines obligations de l’INAO en partant sur les vins de France. C’est une question de rentabilité et de garantie pour l’avenir de mon petit domaine familial.

Rouge Clos Castell 2010

Toute la gamme a été déclinée en ce sens après avoir fourni un travail de maîtrise des prix de revient de mes vins. D’ailleurs, cela m’a permis d’arrêter ou modifier certaines cuvées n’étant pas rentables.

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